08.07.2021

Damien Seguin, Skipper Paralympique, à propos de l'inclusion des personnes en situation de handicap par le sport

-En 2024, la France accueillera pour la première fois les Jeux paralympiques d’été, et pour moi, c’est une énorme fierté, déjà parce que les Jeux paralympiques sont le summum qu’on peut atteindre, quand on est un athlète en situation de handicap. Et puis, ça va être l’occasion de montrer au monde entier notre savoir-faire, de montrer des images de sport un petit peu différentes. Et, pour la première fois, les Jeux olympiques et paralympiques auront lieu sous le même logo, avec une équipe de France unie. Et ça, c’est un sacré symbole pour l’intégration et l’insertion.

L’inclusion est fondamentale dans le sport, et encore plus dans le monde du paralympique. La volonté générale, c’est de montrer qu’on peut pratiquer les mêmes sports, même en étant différent et en ayant une capacité physique un petit peu moindre. Il faut savoir que l’inclusion existe aussi au sein même du sport paralympique, parce qu’il y a différents athlètes qui viennent de différentes nations, mais avec des handicaps différents. Moi, je me souviens très bien de ma première entrée dans le Village des Jeux paralympiques, en 2004, à Athènes. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, parce que je découvrais un petit peu le monde du handicap. Et ce qui m’a frappé, c’est que j’ai découvert des athlètes avant tout. Avant d’être des personnes « handi », c’étaient des athlètes. Et voilà, c’est quelque chose qui m’a marqué et quelque chose que je retiendrai : la performance physique, elle ne dépend pas simplement des capacités physiques.

L’idée, c’est de faire entrer le sport, de plus en plus, dans le quotidien des Français. C’est, à l’horizon de Paris 2024, de faire vivre les Jeux partout en France, et à tous les Français. Et voilà, il va y avoir différents événements qui vont se succéder. Il y a les 30 minutes de sport à l’école, il y a la journée olympique et paralympique, qui est organisée tous les ans, et il va aussi y avoir le parcours de la flamme dans tout le pays. Donc voilà, des événements qui vont permettre à chacun de s’approprier les Jeux et d’en faire une belle fête pour tout le monde.

Avec Tony, nous avons expérimenté ces 30 minutes de sport à Auray, dans ma ville, il y a quelques semaines de ça, et on a pu voir vraiment tout le bénéfice que ça a de pouvoir sortir, à un moment, les élèves de leur classe, de leur faire pratiquer du sport encadré, que ce soit du sport olympique ou du sport paralympique, d’ailleurs, en les mettant dans des situations diverses et variées. En tout cas, voilà, ça pose le problème et la problématique du sport de manière différente. Mais on voit bien que l’enjeu, il est national, parce que derrière ça, bien évidemment, il y a une question de bien-être et de santé générale.

J’ai eu la chance de vivre quatre Jeux paralympiques en tant qu’athlète, et Paris 2024 va être une étape franchie à nouveau. J’ai pu voir, moi, l’évolution du regard que les gens portaient sur les Jeux paralympiques, la médiatisation qui est montée crescendo. C’est vrai que les choses évoluent. On peut toujours rêver que ça évolue plus vite que ça, mais je pense que Paris 2024 va être quelque chose d’assez extraordinaire, que ce soit pout les athlètes ou pour le public. La volonté, c’est d’être unis. Il y a une équipe de France unie, il y a un logo commun, même si, d’un côté, il va y avoir les anneaux olympiques, et de l’autre côté, les agitos. Mais voilà, l’idée, c’est bien de montrer qu’on fait les mêmes sports de manières différentes, mais que c’est la même passion de la réussite, du sport et du vivre-ensemble qui nous anime.